Coton en Afrique : le Cameroun s’impose comme champion continental du rendement
Le dernier rapport mensuel du Département américain de l’Agriculture (USDA), publié en décembre 2025, met en lumière un fait marquant pour la filière cotonnière africaine : le Cameroun affiche le rendement à l’hectare le plus élevé du continent. Avec une productivité estimée à 1,54 tonne par hectare pour la campagne 2023-2024, le pays d’Afrique centrale devance l’ensemble des grands bassins cotonniers ouest-africains et surclasse même certains géants mondiaux.
Cette performance place le Cameroun loin devant la moyenne des principaux producteurs d’Afrique de l’Ouest, établie autour de 0,54 tonne par hectare, et au-dessus de celle de l’Inde, deuxième producteur mondial, qui plafonne à 0,85 tonne par hectare. Un contraste qui interpelle, d’autant que les superficies consacrées au coton au Cameroun restent plus modestes que dans des pays comme le Mali ou le Burkina Faso.
Une performance fondée sur la rigueur technique
Pour de nombreux analystes du secteur, cette efficacité repose moins sur l’extension des surfaces que sur la qualité de l’encadrement agricole. Le respect strict du calendrier des semis, la préparation méthodique des sols, l’usage maîtrisé des engrais et la lutte structurée contre les ravageurs sont régulièrement cités comme des facteurs clés. À cela s’ajoute la sélection des variétés de semences, jugées mieux adaptées aux conditions agro-climatiques locales.
Autre levier déterminant : l’organisation de la filière. Au Cameroun, l’accès au crédit intrants est conditionné à des critères de performance, ce qui exclut les producteurs dont les rendements restent insuffisants. L’encadrement technique est, quant à lui, assuré par la société nationale Sodecoton, qui joue un rôle central dans le suivi des exploitations et la diffusion des bonnes pratiques.
Un podium africain contrasté
Derrière le Cameroun, le classement africain des rendements fait apparaître des profils variés. L’Ouganda se positionne en deuxième place avec 1,51 tonne par hectare, suivi du Soudan (1,36 t/ha) et de l’Égypte (0,96 t/ha). Ces deux derniers pays partagent une particularité majeure : leur production repose largement sur l’irrigation, contrairement à la majorité des zones cotonnières africaines dépendantes des pluies.
Le Bénin complète le Top 5 continental avec 0,73 tonne par hectare, devant le Nigeria, le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Plus bas dans le classement figurent notamment la Tanzanie et le Zimbabwe, dont les rendements demeurent nettement en retrait.
Un écart persistant avec les standards mondiaux
À l’échelle mondiale, les références restent toutefois asiatiques et sud-américaines. La Chine domine très largement avec un rendement moyen de 3,18 tonnes par hectare, devant le Brésil (2,91 t/ha) et l’Australie (2,48 t/ha). Ces niveaux illustrent l’impact de l’irrigation à grande échelle, de la mécanisation avancée et de l’intégration de technologies agricoles de pointe.
Pour les experts, l’exemple camerounais démontre néanmoins qu’une amélioration significative de la productivité est possible en Afrique sans transformation radicale des systèmes, à condition de renforcer l’encadrement technique, la sélection variétale et la gouvernance des filières. Dans un contexte de pression croissante sur les terres agricoles et de recherche de valeur ajoutée, le rendement s’impose plus que jamais comme un indicateur stratégique.
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