Espagne : la justice suspend l’affaire des téléphones de Pedro Sánchez
La chambre pénale de l’Audience nationale espagnole a confirmé le classement de l’enquête sur le piratage présumé des téléphones du président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, et de trois membres de son cabinet — Fernando Grande-Marlaska, Margarita Robles et Luis Planas — par le logiciel espion Pegasus. La décision, rendue le 22 janvier par le juge d’instruction José Luis Calama, met en avant l’impossibilité d’identifier les auteurs en raison de l’absence de coopération des autorités israéliennes.
Selon les magistrats, les commissions rogatoires envoyées à Israël, restées sans réponse malgré leurs renouvellements, ont empêché toute avancée décisive dans l’enquête. La chambre pénale a précisé que le classement du dossier ne constituait « ni une clôture prématurée, mais une suspension dictée par l’absence d’auteur identifié et par l’inexistence d’actes d’enquête utiles encore à accomplir ». La décision demeure réversible et pourrait être réactivée si de nouvelles informations émergent, notamment des investigations françaises ou d’une coopération israélienne effective.
L’association Hazte Oír, qui avait saisi la justice en dénonçant une atteinte au droit à une protection juridictionnelle effective, a vu sa requête rejetée. La juridiction a estimé que toutes les voies d’entraide judiciaire avaient été pleinement mobilisées.
Les magistrats ont également écarté toute demande d’intervention du gouvernement espagnol auprès d’Israël, soulignant que cela relèverait d’une dimension politique étrangère à la fonction juridictionnelle. Sur le plan technique, les expertises réalisées, notamment par le Centre cryptologique national (CCN) du Centre national de renseignement (CNI), n’ont pas permis d’attribuer le piratage à une entité précise. La juridiction a jugé qu’« il n’existe aucune base technique suffisante pour imputer les faits à une personne identifiée, au-delà de simples concordances structurelles ».
Enfin, la chambre pénale a refusé d’ordonner des expertises alternatives ou de dépendre des investigations françaises, estimant qu’aucune démarche complémentaire ne permettrait d’aboutir sans coopération internationale. Le dossier reste donc en suspension, en attente d’éventuelles évolutions qui pourraient relancer la procédure.
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